Piège à clics : lisez cet article et devenez millionnaire

La notion de « piège à clics » est concomitante à l’essor des réseaux sociaux et plus généralement à la démocratisation d’internet. Il s’agit de contenus de qualité médiocre et dont le but est de générer un maximum de trafic sur un site internet. Tout internaute a déjà, à son corps défendant bien entendu, posé les yeux sur des articles comme « Obsédés par les ovnis, ils construisent un poulailler en forme de soucoupe volante » ou encore « Kendji Girac et Maître Gims vont être envoyés sur une île déserte pour la bonne cause ». Mais est-ce vraiment une stratégie payante pour les annonceurs ? Cette technique n’est-elle pas vouée à l’échec ?

Algorithmes et journalisme 2.0.

Divers sites se sont spécialisés dans la rédaction de ce type d’articles : Vice, Konbini, Buzzfeed. Leur ligne éditoriale est plus que floue. Généralement, un algorithme se charge de décrypter les tendances de recherche en ligne et guide alors les sujets d’articles.  Tout ce qui est susceptible de générer des « clics » est exploité, avec ou sans réelle information. Les journalistes de ces entreprises sont souvent payés à l’article et selon le trafic généré. Ainsi, l’information se conçoit comme un divertissement dont il faut faire la réclame et les articles visent explicitement l’émotionnel du lecteur.

La publicité réinventée ?

Les contenus proposés sont dans leur totalité sponsorisés par de grandes marques. La publicité n’est plus alors située sur des bannières mais directement au cœur de l’article de façon un peu moins visible. Ce « brand content » dicte l’écriture des articles et par soucis marketing simplifie le message à outrance. D’après M. Maxime Barbier, CEO à MinuteBuzz « Nos brand contents font des millions de vues, des gens ne se rendent même pas compte que ce sont des contenus de marque ! »

Fast culture

Récemment, face aux critiques, Facebook a décidé de rendre plus difficile l’accès à ces articles. Le réseau social calcul notamment le temps passé sur une page pour en évaluer la qualité. Ce contenu pouvant clairement agir comme un repoussoir auprès des utilisateurs à moyen terme. En cela, cette publicité à bas coût peut écorner l’image des entreprises sponsors. Finalement, face à l’accès illimité au contenu culturel en ligne, le défi pour les entreprises dans cet environnement saturé est de capter l’attention de l’internaute, en renouvelant les façons de l’inclure dans le discours de la marque.